Un mur nu, c’est une occasion ratée. Pour faire grimper des plantes sur un mur, il faut deux choses : la bonne plante pour sa façon de s’accrocher, et un support fixé à quelques centimètres du mur, pas collé dessus. Le reste, c’est de la patience.
Mon premier essai, avec de la ficelle et trois pointes plantées à la va-vite, n’a pas survécu à la première rafale de vent. La clématite non plus.
L’essentiel avant de commencer
Une plante volubile ou à vrilles (clématite, chèvrefeuille, glycine, vigne) a besoin de fils ou d’un treillis. Une plante à crampons (lierre, vigne vierge) s’accroche seule, mais peut abîmer un mur fragile. Un rosier grimpant se palisse à la main. Dans tous les cas, comptez plusieurs années pour couvrir un mur de plusieurs mètres.
Comment faire grimper des plantes sur un mur ?
Fixez d’abord un support (treillis, fils ou câbles tendus) à quelques centimètres du mur. Plantez la grimpante à environ 30 cm de la base, puis guidez ses premières tiges vers le support avec des attaches souples. La plante s’accroche ensuite seule, ou avec vos ligatures selon son espèce.
Les étapes détaillées arrivent plus bas. Avant ça, une décision qui change tout : le choix de la plante, parce que c’est elle qui dicte le support.
Quelle plante choisir selon sa façon de s’accrocher ?
Une grimpante ne grimpe pas au hasard. Elle s’enroule, elle s’agrippe avec des vrilles, elle se cramponne ou elle s’accroche avec ses épines, et chaque méthode appelle un support différent.
| Façon de s’accrocher | Exemples | Ce qu’il lui faut | Risque pour le mur |
|---|---|---|---|
| S’enroule autour du support | clématite, chèvrefeuille, glycine, jasmin | Fils, câbles ou treillis | Aucun. La glycine exige une structure très solide |
| Vrilles | vigne, passiflore, pois de senteur | Grillage fin ou fils | Aucun |
| Crampons ou ventouses | lierre, vigne vierge, hortensia grimpant, bignone | Rien, elle s’agrippe au mur | Vieux enduit, mortier de chaux, pierre sèche |
| Épines | rosiers grimpants | Fils, attaches à la main | Aucun, mais un palissage régulier |
Sur un mur sain et récent, une plante à crampons ne pose pas de souci. Sur un vieil enduit, un mortier de chaux ou de la pierre sèche, elle se glisse dans la moindre fissure. Le lierre est charmant, jusqu’au jour où vous essayez de le décoller.
Dans le doute, prenez une plante à support. Et si votre mur fissure déjà, réparez d’abord la fissure sur votre mur extérieur : une fois la verdure installée, vous n’y aurez plus accès.
Quel support poser, et à quelle distance du mur ?

Le support reste à quelques centimètres du mur, pour que les tiges passent derrière et que l’air circule. Un treillis plaqué contre la façade ne sert à rien, les tiges ne trouvent rien à enrouler. Trois options :
- Treillis en bois, le plus simple à poser
- Treillis en métal, plus durable et adapté aux plantes lourdes
- Fils ou câbles tendus, discrets, parfaits sur une grande surface
Pour les fils, un repère : une plante qui pousse d’environ 50 cm par an se contente de mailles de 40 cm. Pour une vigne ou un kiwi, prenez un câble inox d’au moins 1,2 mm de diamètre. Sous un toit, gardez le support à 15 cm du bord pour ne pas gêner les tuiles.
Le poids d’une grimpante adulte
Une glycine, une vigne ou un rosier adultes pèsent plus lourd qu’on ne l’imagine. Fixez le support dans un matériau plein (brique pleine, béton, pierre) avec des chevilles adaptées, pas seulement dans l’enduit (voir goujon ou scellement chimique pour choisir le bon ancrage sur une charge lourde). Sur un mur isolé par l’extérieur, demandez conseil avant de percer. Et sur un mur mitoyen ou de copropriété, un mot au voisin ou au syndic avant de sortir la perceuse.
Poser le support et planter, étape par étape
1. Vérifier l’état du mur
Passez la main sur l’enduit. S’il cloque, s’effrite ou fissure, on le reprend avant de poser quoi que ce soit. Après, la plante cachera le problème sans le régler.
2. Fixer le support à distance du mur
Vissez des tasseaux ou des entretoises sur le mur, puis fixez le treillis ou les fils dessus. Visserie inox ou galvanisée : la rouille suinte sur la façade en deux hivers. Vérifiez l’aplomb au niveau, un treillis de travers se voit dès que la plante le recouvre.
3. Planter à 30 cm du mur
Au pied d’une façade, la terre reste sèche, à l’abri de la pluie. Creusez à 30 cm environ du mur, ameublissez, ajoutez du terreau ou du compost, et inclinez la motte vers le support. Arrosez copieusement après plantation. L’automne et le printemps sont les bonnes saisons.
4. Guider les premières tiges
Écartez les tiges en éventail, légèrement inclinées vers le support, et attachez-les avec un lien souple (raphia, lien élastique). Pas de fil de fer nu, il étrangle la tige en grossissant. Un rosier grimpant se palisse à la main, tiges le plus à l’horizontale possible, il fleurira davantage.
5. Arroser et patienter
La première année, gardez le sol frais sans le détremper. Comptez ensuite plusieurs saisons : couvrir un mur de plusieurs mètres prend plusieurs années. Pour arroser sans y penser tout l’été, récupérer l’eau de pluie au jardin évite de dépendre du robinet à chaque fois. Vérifiez les attaches à chaque printemps, elles se resserrent quand les tiges grossissent.
Un mur qui verdit, un peu plus chaque année
Pour faire grimper des plantes sur un mur, tout se joue avant la plantation : le bon support, à la bonne distance, pour la bonne plante. Ensuite, le mur se couvre à son rythme. En deux ou trois saisons, vous aurez oublié qu’il était gris.
Questions fréquentes sur les plantes grimpantes
Peut-on faire grimper une plante sur un mur sans percer ?
Oui, avec un treillis autoportant ou un cadre appuyé contre le mur et calé dans un grand bac lourd. Ça convient aux grimpantes légères comme la clématite ou le pois de senteur. Pour une plante lourde, il vaut mieux un vrai support fixé.
Quelle grimpante choisir pour un mur à l’ombre ?
Le lierre et l’hortensia grimpant s’en sortent bien à l’ombre. Une clématite tolère un pied à l’ombre à condition que ses tiges trouvent la lumière plus haut. Les rosiers et la glycine, eux, réclament du soleil.


